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Mise à jour le 28/07/2010 20:35:43




Dix-sept ans et des milliers de morts plus tard, Laurent Gbagbo rejoue la même scène. Obnubilé par sa phobie de disqualifier Alassane Ouattara, il tente une diversion digne des épigones. Le voilà tel un gueux qui - du coup - se trouve des atomes crochus avec l’ancien chef de l’Etat, Henri Konan Bédié. Il le rencontre, l’intoxique et tente de lui faire croire qu’il n’y a d’autre salut… Lire

epuis octobre 2005, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, n’est plus constitutionnellement le président de la Côte d’Ivoire. Il doit son maintien à la tête de la magistrature suprême grâce aux différents accords passés entre les membres de la classe politique (pouvoir, opposition, ex-rébellion). Ces mêmes accords qui lui font garder les clefs du palais présidentiel, l’enjoignent également d’organiser la présidentielle ; afin de sortir ce pays naguère « havre de paix » de ses vicissitudes militaro-politiques actuelles. Reste que Laurent Gbagbo, porté par le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) et quelques partis vassaux, sait très précisément que ses deux adversaires, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié et le Rassemblement des républicains (RDR) de l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara (ADO), représentent à eux deux plus que la moitié
des électeurs. Pour le « Woody de Mama » (surnom de Gbagbo), aller au scrutin présidentiel avec en face le PDCI et le RDR - qui sont des alliés - serait se tirer une balle dans le pied. Pourquoi alors ne pas tenter de diviser Bédié et Ouattara qui naguère avaient montré de profonds antagonismes tant idéologiques que politiques ?
Le chef de l’Etat n’a pas trop forcé sur les traits pour créer la zizanie au sein de l’alliance Bédié-Ouattara et de leurs compagnons de route Innocent Anaky Kobena du
Mouvement des forces d’avenir (MFA) et d’Albert Mabri Toikeuse de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDCPI). Tous réunis au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). De fait, l’opposition projetait d’organiser le 15 mai une marche de protestation. Celle-ci avait pour but d’exiger de Gbagbo un calendrier clair des scrutins électoraux notamment la présidentielle.

A quelques jours de ce qui se présentait déjà comme un grand rassemblement et une réelle menace pour le régime en place, le président Gbagbo - après avoir regardé à gauche, puis à droite - s’est jeté dans les bras de Henri Konan Bédié avec l’argument qu’il fallait sinon annuler du moins reporter la marche de protestation au motif que se tiendront quasiment dans la même période les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan. Ni une, ni deux, Bédié et Ouattara ont sauté sur l’occasion pour plomber la marche prévue sous le paresseux prétexte que « face au risque d’affrontement et de pertes en vies humaines qui se profile de façon évidente, et conformément à l’esprit de paix et de dialogue qui les a toujours guidés, et rappelant leur attachement à la conquête du pouvoir d’Etat par les urnes et non par la violence d’une part, d’autre part, tenant compte de la nécessité de permettre la bonne tenue des assemblées annuelles de la BAD qui préfigure le retour du siège de l’institution panafricaine en Côte d’Ivoire , les présidents du PDCI-RDA et du RDR ont décidé de reporter les manifestations prévues le 15 mai 2010, à une date qu’ils fixeront et communiqueront ». Elégant !? Sauf qu’Anaky Kobena et Albert Mabri Toikeuse ne sont
pas de cet avis et ont refusé de signer le communiqué final. Pourquoi Bédié et Ouattara ont-ils accepté de signer précipitamment le report de cette marche ? Les raisons sont multiples. On retiendra toutefois que bien qu’opposant Bédié et Ouattara touchent de manière cumulée mensuellement 30 millions de F.CFA suite à la loi du 16 juin 2005, n°
2005-201 à l’instigation de Laurent Gbagbo et portant statut d’ancien président de la République, d’ancien chef ou président d’institution nationale et d’ancien membre du gouvernement. Au nom de cette loi, Bédié et Ouattara sont des opposants « dorés ». Puisque Bédié bénéficie d’une couverture juridique et diplomatique (comme celle reconnue aux diplomates en poste à l’étranger), de plus lors de ses déplacements privés, il bénéficie d’un passeport diplomatique. Par ailleurs, Bédié reçoit aussi des avantages en nature et en espèces. Idem pour Ouattara. Comment demander aux opposants (?) Bédié et Ouattara grassement payés chaque mois par les caisses de l’Etat de renoncer à tous ces avantages et d’organiser des marches de protestation
sous le soleil ingrat et chaud de la Côte d’Ivoire ? Faut-il s’étonner quand Anaky Kobena et Mabri Toikeuse affirment que « Bédié et Ouattara ont trahi » ? Fautil s’émouvoir lorsque le journaliste engagé Venance Konan assène qu’« il n’y a rien en face de Gbagbo », sous entendu il n’y a pas d’opposition ? N’est-ce pas poignant de voir le journal pro-Ouattara, L’expression assuré à sa Une : «Colère des militants après le report : Bédié et ADO coincés » ? Et Le nouveau réveil, pro- Bédié justifier que « Bédié n’a pas et ne trahira jamais le RHDP » ? Pourquoi tant de fébrilité si tant est que la bonne parade était le report de la marche ? Dans cette phase de la politique ivoirienne, le grand gagnant est Laurent Gbagbo (encore une fois). Il a réussi à créer la discorde au sein du RHDP. Et comme toujours, lorsque des Ivoiriens, las par les entourloupes du régime en place, décident de descendre dans la rue pour protester, Laurent Gbagbo tremble, car son talon d’Achille, c’est connu, ce sont bien les manifestations populaires qui peuvent - par leur ampleur - emporter son pouvoir. Mais comme toujours Gbagbo sait compter sur Bédié et Ouattara pour désamorcer la bombe et faire baisser la tension. Car sans le savoir (où peut-être le savent-ils), ces deux hommes jouent à fond le jeu de Laurent Gbagbo. Ce dernier n’a-t-il jamais dit qu’en politique, « il faut amener ton adversaire à négocier quand tu veux, à discuter quand tu veux, à agir quand tu veux » ! Autrement en politique, il ne faut jamais perdre la main et laisser l’initiative à l’adversaire. Cette évidence primaire échappent - visiblement - au PDCI et au RDR pour le grand malheur des Ivoiriens qui rêvent de démocratie alternative.

Info en continu

BENIN
Opposition unie
L’opposition à Cotonou veut tout faire pour enlever le président Yayi Boni du pouvoir lors de la présidentielle de mars 2011. Aussi pour se donner toutes les chances et ne pas disperser ses forces, a-t-elle choisi le président du Parti du renouveau démocratique (PRD), Adrien Houngbédji, comme son candidat « unique ». Il reviendra à ce dernier d’en découdre avec Yayi Boni. L’affrontement sera rude d’autant qu’Adrien Houngbédji est porté par six partis politiques.
BURKINA FASO
Tous veulent la place de Blaise Compaoré
Pour l’instant, ils sont une belle brochette à vouloir prendre la place du président Blaise Compaoré durant la présidentielle de novembre. Et ces opposants affichent leur détermination, même si parmi eux, il y a des plaisantins. Bref, Me Bénéwendé Sankara (chef de l’opposition) s’est déjà déclaré candidat, ce fut ensuite Maxime Kaboré qui part à la conquête du fauteuil présidentiel en qualité de candidat indépendant. Enfin
le professeur Laurent Bado (LCA 116) est aussi sur la ligne de départ. Tapis dans l’ombre le docteur Honoré attend de se faire acte de candidature... novembre sera chaud !
CAMEROUN
Plus de 20 millions d’habitants
C’est officiel, le Cameroun compte 19,4 millions habitants (plus exactement 19 406 100). Ces chiffres ont été communiqués par le gouvernement camerounais à la suite du troisième recensement général de la population et de l’habitat, cinq ans après le deuxième recensement de novembre 2005. Du coup, on voit bien qu’en l’espace de 30 ans, la population camerounaise a doublé et fait important la région la plus peuplée du Cameroun est la province du Centre d’où est issu le Franco-camerounais Yannick Noah (3,5 millions d’habitants), et la moins peuplé est le Sud du président Paul Biya (700 000 habitants).
CENTRAFRIQUE
Deux candidats officiels
C’est parti, la présidentielle du 16 mai opposera finalement l’actuel président centrafricain François Bozizé à l’ex-président Ange-Félix Patassé qu’il a renversé par le premier en mars 2003. L’information a été donnée par Rigobert Vondo le rapporteur général de la Commission électorale indépendante (CEI). Bozizé et Patassé ont formellement déposé leurs dossiers de candidature auprès de la commission des candidatures de la CEI. Aucun autre candidat n’avait déposé de candidature et la date limite de dépôt des candidatures est arrivée à terme.
CONGO
Un opposant décède
On ne dira pas que le président Denis Sassou Nguesso est heureux, mais en tout cas un de ses farouches adversaires, l’opposant Nguila Moungounga Nkombo est décédé mi-avril à Paris à l’âge de 70 ans. Ex-ministre de l’Economie et des finances, le défunt s’était exilé depuis 1997 en France et à son absence, il avait été condamné par contumace à Brazzaville. Né à Mouyondzi le 9 avril 1940, il avait la réputation de faire peur au président Denis Sassou Nguesso. Et entre les deux hommes, ce n’était plus de l’opposition, mais de la haine !
RD CONGO
Kinshasa protège ses animaux
La République démocratique du Congo - c’est connu - à  un sous-sol riche. Moins connu, il possède sur ses terres plus d’espèces d’animaux que n’importe quel autre pays d’Afrique. Une réorganisation complète du secteur touristique en ferait une source de richesse plus importante que l’extraction de minerais. A présent, les autorités veulent protéger toutes les réserves du pays contre le braconnage. Il n’y aura plus de « viande de brousse » dans les marmites. Trois solutions ont été préconisées pour relancer ou promouvoir le tourisme en RDC à travers la sauvegarde de la faune : la fin à l’insécurité résiduelle en dotant les gardes-chasse de l’Institut congolais de conservation de la nature (ICCN) d’armes et de munitions pour faire face aux braconniers ; faire l’état des lieux du potentiel touristique du pays ; et réhabiliter toutes les infrastructures touristiques. La RDC compte sept parcs nationaux (quatre sont inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO).
CÔTE D’IVOIRE
Alpha Blondy tire encore
La méga star du reggae Alpha Blondy n’est pas content de la situation politique dans son pays et il le dit avec ses mots : « Ce qui complique le débat politique, c’est que le spectre de l’humiliation est toujours là. Ce jeu est dangereux, la violence verbale va compromettre la paix. L’Accord de Ouaga est menacé, l’heure est très grave. Il y a des gens qui disent qu’il faut balayer Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. La situation est délicate. Je vais parler avec nos leaders politiques. Je vais aller voir le facilitateur. Mais avant, je veux avoir tous les détails de l’Accord de Ouaga, et comme ça, je ne vais pas bégayer devant le grand frère Blaise Compaoré.  Il faut désarmer tous les partis politiques, il faut désarmer les plumes, il faut désarmer les verbes pour aller à la paix. Aujourd’hui, nous sommes dans la situation qui a provoqué la guerre dans ce pays. Des gens du camp présidentiel, et des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) jettent de l’huile sur le feu. Il faut arrêtez tout ça ». Voilà  qui est dit ! 
GABON
Libreville et son bois durable
Avec près de deux millions d’hectares, le Gabon est le deuxième pays dans le bassin du Congo en terme de surface de forêt certifiée FSC, Forest Stewardship Council, un écolabel fondé en 1993, qui garantit une gestion durable des forêts. A Libreville, la société familiale Rougier, un des leaders du bois tropical en Afrique, a obtenu la certification FSC pour sa chaîne de contrôle et pour trois de ses concessions forestières dans le pays, sur près de 700 000 hectares. Cet écolabel garantit une gestion forestière responsable, socialement bénéfique, économiquement viable et respectueuse de l’environnement.
GUINEE
Nouvelle Constitution
Conakry se dotera incessamment d’une nouvelle Constitution. Les parlementaires doivent discuter d’une mouture proposée par la commission constitutionnelle du Conseil national de transition (CNT) pour être adoptée, la Constitution devra cependant être approuvée par les 3/4 des membres du CNT. Le texte propose que soit inscrit dans la Loi fondamentale les termes comme «bonne gouvernance», les «crimes économiques imprescriptibles». Pour  l’élection du président de la République, les candidatures indépendantes ne sont plus acceptées et « le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ». Le mandat actuel est de 7 ans.
GUINEE BISSAU
Numérisation des permis de conduire
Le gouvernement de la Guinée-Bissau va numériser les permis de conduire afin que ce document soit accepté en Europe, principalement au Portugal. L’annonce du démarrage de la numérisation du permis de conduire a été un des points des accords signés avec le secrétaire d’Etat des Transports du Portugal lors de sa dernière visite à Lisbonne. Pour le secrétaire d’Etat des Transports Bissau-guinéen, José Carlos Esteves. « Le gouvernement portugais avait souligné deux points comme étant des entraves à la validation de notre permis au Portugal ». Voilà qui est fait…
GUINEE EQUATORIALE
Le Parlement communautaire installé
Le siège du Parlement Communautaire a été inauguré à Malabo en Guinée Equatoriale en présence des présidents des six Etats membres de la CEMAC ainsi que de Radique de Menezes, le président de Sao Tomé et Principe, qui y était en tant qu’observateur. Il faut noter que les députés qui siègeront au Parlement communautaire à Malabo sont déjà connus. Créé par le Traité CEMAC révisé en 2008, le Parlement communautaire est l’une des institutions de la CEMAC chargé du contrôle démocratique des institutions et organes participant au processus décisionnel de la Communauté. Au plan juridique, le Parlement communautaire est appelé à légiférer non sous forme de lois comme les parlements nationaux, mais par voie de directives.
MALI
Vive l’électricité
Bamako doublera dans trois mois sa production d’électricité avec la mise en service des centrales thermiques de Sirakoro-Méguétan et de Balingué situés dans les environs de capitale, selon le ministère de l’Energie et de l’eau. D’un coût de 20 milliards de F.CFA, la centrale thermique de Sirakoro-Méguétan produira à terme 55 mégawatts, alors que celle de Balingué, qui a coûté 35 milliards de F.CFA aura une capacité de production de 45 mégawatts.
NIGER
Bientôt une date
Après le coup d’Etat militaire qui a renversé le président Mamadou Tandja le 18 février, une proposition sur la durée de la transition au Niger sera faite d’ici au 26 avril, assure le porte-parole de la junte au pouvoir, le colonel Abdoulkarim Goukoye. On attend la suite…
RWANDA
Suspendus
Les deux journaux indépendants rwandais, Umuseso et Umuvugizi ont été suspendus mi-avril le Haut conseil des médias, a révélé son secrétaire exécutif,  Patrice Mulama. Cette décison intervient à cinq mois de la présidentielle : « Nous condamnons fermement cette décision du Haut conseil des médias qui vise clairement à museler les principales sources d’informations indépendantes dont bénéficie le pays. A l’approche de l’élection présidentielle d’août 2010 », a dénoncé Reporters sans frontières (RSF). 
TCHAD
Film tchadien
Le 63ème Festival de Canne (12 mai) verra pour la première fois un film africain en compétition. Il s’agit du film tchadien Un homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun. Une excellente nouvelle pour les cinéastes africains qui dénoncent depuis des années la faible représentation, voire l’absence, de films d’Afrique.
TOGO
Policiers violeurs ?
Les responsables du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) accusent les policiers de viols sur leurs militantes. Des événements qui feraient suite à l’arrestation de plusieurs membres de ce parti lors d’une veillée à la bougie étouffée par les forces de l’ordre. Les responsables du FRAC - indignés - ont condamné « avec la plus grande fermeté, les actes de gangstérisme et de viol » dont ont été victimes quelques unes de leurs militantes et sympathisantes.